Les Chroniques Bourgo

Accueil


Paroles de la Bible............

..................paroles de la VIE

Édité le 24 mai 2005

L'Église dont je rêve

Lorsque j'étais enseignant en morale et religion au secondaire, il m'est arrivé souvent en parlant de certains groupes religieux non-catholiques de constater combien nous étions, les catholiques d'ici au Québec, tièdes dans notre foi, pour ne pas dire frileux. Et je prenais à témoin cet autocollant que des bons catholiques posent à la fenêtre de leur porte d'entrée: «Nous sommes catholiques, veuillez respecter notre foi.» Tout le monde reconnaîtra quelles personnes et quel groupe religieux sont visés par cet avis. Alors, pour bien me faire comprendre, je finissais par dire à mes élèves que nous devrions changer l'inscription par: «Nous sommes désolés de ne pas vous recevoir, nous sommes sortis évangéliser.» J'avais l'impression souvent de parler dans le désert, mais j'avais conscience aussi de déposer une semence.

L'évêque du diocèse de Saint-Jean-Longueuil a récemment ordonné prêtre M. John Covey, un pasteur protestant converti au catholicisme, marié et père de famille. Un vrai baume pour nos évêques aux prises avec une grave pénurie de prêtres qui n'a d'égale que l'étonnement de plusieurs catholiques qui croient que l'Église catholique romaine n'ordonne pas d'hommes mariés.

À une récente réunion de son conseil de pastorale, notre évêque demandait comment nous voyions l'avenir de l'Église. Sans y avoir trop réfléchi, j'ai répondu que l'Église devra se centrer davantage sur sa mission qui est l'annonce de l'Évangile et, pour cela, que les catholiques doivent commencer par reconnaître Jésus Christ au coeur de leur vie.

Étant engagé dans les démarches de préparation aux sacrements, tant avec les enfants que les adultes, je constate qu'il y a encore chez nos paroissiens une grande demande de services religieux: messes, baptêmes, permiers sacrements pour les enfants, funérailles, mariages, accompagnement des malades et mourants. Et pour maintenir ces services dans les paroisses et les institutions, notre évêque a de plus en plus de difficulté à trouver des prêtres valides.

Heureusement, de nombreux laïcs, femmes et hommes, conscients des exigences de leur foi s'associent bénévolement ou contre rémunération à la pastorale. L'Église dont je rêve germe certainement dans la tête de notre évêque et celle de ses nombreux collaborateurs et collaboratrices. Suite


L'Église dont je rêve est, à l'image des premiers disciples et des premiers chrétiens, composée de ceux et celles qui reconnaissent que Dieu est venu en Jésus le Christ et ne cesse de venir à notre rencontre aujourd'hui.

L'Église dont je rêve ne fait pas nécessairement la une des journaux, mais se construit lentement quand, par le souffle de l'Esprit, chaque catholique proclame sa foi en Jésus, autant par ses actes que par ses paroles.

L'Église dont je rêve est constituée des personnes qui cherchent des manières nouvelles de faire communauté dans un monde individualiste, et de celles qui se battent pour la justice dans le monde du «au plus fort la poche» et travaillent pour que la dignité des petits, des pauvres et des démunis soit respectée.

L'Église dont je rêve germe dans les mouvements écologiques qui refusent d'absolutiser le profit et le plaisir et luttent pour un environnement sain, contre le gaspillage des ressources de la terre et pour une répartition plus équitable des biens.

L'Église dont je rêve, la voyez-vous? Elle est déjà à l'oeuvre dans les hopitaux, les prisons, les refuges pour itinérants, les tablées, les réunions de prière ou de catéchèse. En somme, commencée et nourrie autour de la table du Seigneur, l'Église trouvera sa taille adulte quand chacun et chacune de nous aura compris la pleine signification de la parabole du Jugement dernier dans l'Évangile de Matthieu:

«Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire; j'étais un étranger et vous m'avez recueilli; nu, et vous m'avez vêtu; malade, et vous m'avez visité; en prison, et vous êtes venus à moi.»

Matthieu 25, 34-36

Haut de la page -------------- Accueil