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Paroles de la bible...

...Paroles de vie

Édité le 2 janvier 2006, mis à jour le 8 septembre 2006

Amour et vérité se sont rencontrés,
justice et paix s'embrassent;
la vérité sort de la terre
la justice regarde le ciel.

Psaumes 85 (84)

Fini... l'esclavage?!?

J'ai regardé, le 1er janvier, l'émission télévisée «Sans détour», au Canal Découverte, sur l'esclavage sexuel. Je connaissais l'existence de cette réalité, mais jamais émission ne m'a autant bouleversé. Par des témoignages vécus, l'émission a fait le tour de la question: pauvreté des femmes victimes, recrutement par les entremetteurs et entremetteuses sans scrupules, cercle vicieux de la soumission et de l'espoir de se sortir de cet enfer, efforts désespérés de familles et de conjoints à la recherche de leur fille ou de leur épouse, corruption et complicité de l'appareil judiciaire, complaisance des autorités politiques, implication du gouvernement du Canada, enfin, et non le moindre, la demande de services sexuels par des hommes que je pourrais côtoyer dans ma vie quotidienne.

Il me désole de voir des familles aux prises avec la pauvreté, mais encore plus que des hommes à cause de leurs besoins sexuels réduisent en esclavage d'autres êtres humains. Enfant du siècle qui a adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme, qui a été témoin des luttes de Martin Luther King contre la discrimination raciale aux États-Unis, de l'emprisonnement de Nelson Mandela, puis de sa libération, pour vaincre l'apartheid, de la marche mondiale des femmes pour des conditions de vie meilleures, je vois notre société et notre planète à nouveau plongées dans l'horreur de l'esclavage, tantôt des enfants-soldats, et cette fois-ci des femmes-prostituées.

Venons-en à la participation de Monsieur Tout'l'monde à ce crime. Je passe vite par dessus la honte que j'éprouve d'être de sexe masculin, car ce sont très majoritairement des hommes qui demandent ces services sexuels. Ce qui m'atteint et me blesse dans mon humanité, c'est de voir des hommes soumis à leurs pulsions qui ne peuvent se passer pour un certain temps de contacts sexuels. Où sont rendues la masculinité, la virilité et l'estime de soi quand on se sent incapable de faire connaissance avec une femme, de conquérir son estime, de partager ses sentiments, de lui montrer son admiration, de lui dire son affection. Pauvre genre humain qui, dans cette question d'exploitation sexuelle, descend en bas de la condition animale, car mêmes les animaux respectent des codes sexuels et des rythmes d'accouplement.

Encore une fois, je me bute au problème du mal. Que puis-je faire pour combattre le mal, quand on sait que certains policiers et juges acceptent des pots-de-vin pour fermer les yeux et que des politiciens votent des lois et appuient des règlements qui donnent champ libre aux trafiquants de toutes espèces?

Je pense à quelques solutions à long terme, tout en sachant que le combat est permanent. Appuyer les efforts des journalistes qui révèlent au grand jour ces situations d'esclavage et féliciter le Canal Découverte pour avoir présenté l'émission télévisée. Déceler dans les comportements dominants et contrôlants des hommes une des sources de l'esclavage des femmes. Ajouter ma voix à la protestation des groupes qui dénoncent les conditions inégales et misérables de beaucoup de femmes et de filles. Questionner mon député fédéral sur l'action du gouvernement canadien dans le dossier des femmes exploitées sexuellement. Tout ça fera-t-il une différence? Pour moi d'abord, j'aurai conscience d'avoir fait quelque chose, si peu soit-il. Pour l'humanité ensuite, j'aurai conscience de faire partie de tous ceux et celles qui portent le flambeau de la liberté contre sa principale menace, l'égoïsme et le mensonge.

De moins en moins de personnes osent dire qu'elles croient en l'existence de Satan, de peur d'être classées parmi les attardées. Mon éducation religieuse a pourtant bien établi qu'il n'est pas un être vil à tête cornue, mais qu'Il est puissance de Mal à l'oeuvre dans le monde. C'est ce que je vois dans l'esclavage des femmes prostituées. Avec la lumière du Ressuscité et la force de son Esprit, je crois que nous pourrons en venir à bout. Le dévouement des journalistes, l'honnêteté de certains policiers et juges et la lutte d'associations pour libérer ces femmes seront pour moi autant de preuves de l'existence de Dieu qui ne nous laisse pas seuls aux prises avec le Mal. Quand on chante à Noël qu'un Sauveur est né, eh bien, c'est de ce mal qu'il nous sauve. Il importe finalement pour moi que je ne sois pas resté indifférent aux souffrances de ces femmes que j'associe à celles de Jésus de Nazareth et que ça change quelque chose dans mon existence.

Michel Bourgault
Agent de pastorale
Saint-Paul de Joliette
2 janvier 2006

Pour rechercher ce que le Ministère de la Justice du Canada a entrepris pour lutter contre la traite des personnes, cliquez.

Avez-vous envie d'aider les pauvres magnats de la bouffe?

Metro, Loblaws-Provigo et IGA-Sobeys mènent, dit-on, une campagne de cartes postales pour faire pression sur le gouvernement. Afin de soulager leurs clients des interminables files d'attente, ils veulent l'abolition de la réglementation limitant le nombre d'employés sur le plancher après 17h. Avant de signer une carte postale pour les appuyer, il me faut répondre à des questions.

Elle est bien révolue l'époque où l'Église catholique obligeait tout le monde à se reposer le dimanche. Celle aussi où on pouvait compter sur le samedi soir pour le ciné. Bravo à nos multinationales de la bouffe qui, enfin, enlèvent tout frein à nos appétits! Mais est-ce bien l'appétit des clients ou leur propre appétit qu'elles cherchent à satisfaire?

Les syndicats se sont déjà opposés à l'allongement des heures d'ouverture parce qu'il contribuait à détériorer la qualité de vie des employés et à les rendre encore plus fragiles devant l'employeur. Quel employé ou employée peut refuser à son patron de travailler tous les samedis soirs et tous les dimanches ou encore, vis-à-vis ses collègues, ne pas prendre son tour dans la rotation des tâches?

Autre question : faire son épicerie le dimanche ou le samedi soir est-il aussi nécessaire que se faire soigner à l'hôpital si on est victime d'un accident? N'y a-t-il pas lieu de mettre des priorités dans sa vie et d'aménager son horaire en conséquence et non se le faire imposer?

Dernière question : les patrons de ces supermarchés vont-ils voir LEUR horaire de vie modifié par l'abolition du règlement? Tiens, à réfléchir encore, je signerais une de ces cartes postales, mais en ajoutant cette petite phrase : les grands patrons de Metro, Loblaws-Provigo et IGA-Sobeys se sont engagés eux aussi à être sur le plancher de leurs épiceries pour accueillir les clients affamés et faciliter le passage à la caisse.

Serions-nous face à une autre résurgence de l'esclavage? Quand on pense que voilà près de 2000 ans avant notre époque, dite libre et civilisée, la loi religieuse du judaïsme obligeait les maîtres à donner un jour de repos à leurs domestiques et ouvriers!
Et l'enseignement des débuts de l'Église réclamait pour les esclaves une semaine de travail de 5 jours, le repos le jour du sabbat -pour la création- et le dimanche -pour la résurrection; de même pour les jours de fêtes. Serions-nous moins humains aujourd'hui qu'au temps où l'esclavage faisait partie de la vie?

8 septembre 2006