Peu de personnes savent qu'un Congrès international sur la femme a lieu en ce début de l'année de 2008 au Vatican. Il faut dire qu'ici, au Québec, un grand nombre de catholiques ont jeté la serviette sur la capacité de l’Église catholique romaine d'évoluer dans sa vision de la femme. À leurs yeux, l'immobilisme dont elle a longtemps fait preuve lui a enlevé la capacité d'interpeller sur les questions humaines vitales et de surprendre par une parole neuve.
Mais aujourd'hui, je salue cet événement qui doit se préparer depuis un bon moment. Le congrès vise «la réalisation d'une promotion authentique de la femme, en définissant la condition féminine à partir d'une anthropologie qui récupère la valeur de la personne et souligne la relation entre le masculin et le féminin», dit un communiqué de Zenit, l'agence d'information du Vatican.
Personnellement, je veux bien y voir un effort de fidélité à l'Évangile dans la mesure où, comme Jésus à son époque, on s'orientera vers une rupture avec la culture masculine dominante dans l'Église qui cantonne encore la femme dans la fonction de mère et de servante. Depuis au moins cinquante ans, nous travaillons à faire comprendre que pouvoir n'égale pas masculinité et que fécondité et éducation n'égalent pas seulement féminité. Nous avons appris plutôt à conjuger au féminin et au masculin tout ce qui peut contribuer à la promotion de la personne.
J'espère que les délégués de 49 pays, 40 conférences épiscopales, et de 28 mouvements et 16 associations de femmes catholiques se préoccuperont non seulement de définir la condition féminine, mais tiendront compte des réalités d’aujourd’hui et répondront aux espoirs des femmes d'accéder à la même considération que les hommes, c'est-à-dire d'occuper une juste place dans toutes les responsabilités de l'Église.
L'Église catholique romaine, qui ne cesse d'appeler à la conversion, sera Bonne Nouvelle le jour où elle changera son regard sur la femme et reconnaîtra que celle-ci peut occuper toutes les fonctions dans la mission de l'Église. Nos évêques exerceront leur fonction de premier pasteur du troupeau lorsqu'ils oseront accueillir dans une démarche de discernement, au même titre que des hommes, les femmes qui se croient appelées au ministère sacerdotal.
6 février 2008