Ad libitum:
Litt.: à volonté, au choix.
Vient de la préposition lat. ad «à» et de libitum, participe substantivé du v. libere, et de lubere (plus ancien) «avoir envie de». De la même famille, on a les mots fr. lubie et libido.
Ad nauseam
Litt.: jusqu'à la nausée, jusqu'à avoir envie de vomir. Il est intéressant de savoir que le nom lat. nausea veut dire en premier «mal de mer». Il vient du grec nausia «mal de mer» dérivé de naus «bateau». Il fait donc partie de la famille des termes de navigation!
ad patres
Litt.: vers les pères, vers les ancêtres
Envoyer qqun ad patres veut dire «tuer qqn».
agenda
À la retraite depuis le 30 juin 2003, je consulte plus régulièrement mon agenda, parce que la vie me réserve plus d'inattendu. Vient du v. lat. agere «faire, agir». La terminaison -enda (ou -endum, memorandum, bibendum) signifie «qui doit être...». Donc, ici, agenda veut dire «qui doit être fait», memorandum, «dont on doit se souvenir».
alias
Appelé autrement, autrement dit.
Adv. emprunté au latin alias «autrement», de l'adj. alius (autre).
album
Mot latin signifiant «surface blanche, tableau blanc», qui vient de l'adjectif lat. albus «blanc». Dans l'Antiquité, chez les Romains, un album était un espace ou une place recouverte de plâtre blanc sur les murs d'un édifice, où l'on écrivait des annonces ou des avis publics.
Le premier emploi en français (1662) mentionne l'emploi par les Allemands d'un «livre blanc relié» que l'on fait signer par des personnalités visitées et que l'on nomme album amicorum (livre blanc des amis). Le mot s'est ensuite étendu en français à des cahiers ou publications contenant beaucoup d'illurtrations, d'où album de famille.
alibi
Fait d'avoir été dans un autre endroit au moment d'une infraction.
Du mot latin signifiant «ailleurs», dérivé de l'adj. alius. Il est passé en français comme substantif en droit. Par extension, il est devenu synonyme de «dérobade, diversion».
alma mater
Litt.: mère nourricière.
En lat. almus, a, um, veut dire «nouricier, qui fait vivre». On disait «alma Ceres», Cérès, nourrice des humains. Pour les Romains, la mater était le terre nourricière. De nos jours, «alma mater» désigne l'institution où on a reçu son éducation, spécialement l'Université.
Il qualifie aussi la foi dans alma fides: la bonne foi qui est le soutien de la société.
Virgile l'emploie pour qualifier ce qui est saint, vénérable.
À rapprocher du nom lat. almitas (nourriture, entretien) d'où le nom fr. aliment. Veut également dire sainteté. En angl. alimony veut dire pension alimentaire.
Alma est apparenté au verbe lat. alo (faire grandir, développer, nourrir, entretenir, traiter avec bonté, favoriser). De ce verbe dérive aussi le lat. altus (grand, haut), adolescent et adulte.
A priori
La prép. lat. ab (a, devant une consonne) se traduit par, entre autres, «de, hord de, provenant de, à partir de, en commençant par, contre, parmi». L'adj. prior signifie le «à»premier, le plus important, antérieur. La locution a priori signifie littéralement «en partant de ce qui est le plus important». Mais, dans le langage scientifique, a priori signifie «avant vérification par l'observation ou l'expérience.»
A posteriori
L'adj. lat. posterior signifie «qui est en second, dernier, qui vbient après»; la locution a posteriori fait pendant à a priori et signifie littéralement «en partant de ce qui vient après» et, dans le langage scientifique, «en partant des données de l'expérience».
arboretum
Verger, plantation d'arbres. Vient de arbor et d'une forme plus ancienne arbos.
En latin, l'idée générale derrière arbor est donnée par ses différents sens: arbre, bois (qui sert à construire les maisons), navire, mât, potence, croix, arbre de pressoir, lance, javeline, rame, poisson de mer.
atrium
Plusieurs résidences de groupe ou lieux publics utilisent le terme atrium. La maison romaine du 2è siècle av. J.-C. a été conçue par les Étrusques. Elle comporte une porte (janua) et l'atrium qui sert à la fois de cuisine, de salle à manger, de chambre à coucher et de sanctuaire où se trouve l'autel domestique.
L'atrium ( probablement dérivé de ater (noir, noirci) sans doute parce que primitivement le foyer domestique brûlait les murs de cette salle) est la partie essentielle de la maison. C'est une grande cour carrée munie d'un bassin au centre (impluvium), couverte d'un toit (compluvium) à pente intérieure vers une ouverture carrée de même surface que le bassin. Les eaux de pluie tombant par cette ouverture se déversent dans ce bassin carré pour les besoins en eau de la maison.
Audio
Ne présente pas la même histoire que vidéo. Il n'est pas employé seul en abréviation, mais comme préfixe dans les composés audiophone, audiomètre, audiovisuel. Audio- vient du latin audio «j'entends», du verbe audire.
Audire a donné en français ouïr, peut-être en rapport avec le latin auris «oreille». Est peut-être apparenté grec le verbe aiô «entendre». Par ailleurs,. on a le verbe grec akouô «entendre», auquel se rattacheraient (peut-être) les termes français acoustique, acouphène.
bene
Mot latin signifiant «bien ou bon». Formule d'éloge, de remerciement, de voeux.
Au début dans une lettre écrite en latin, les lettres s.v.b.e. voulaient dire Si vales, bene est. «Si ta santé est bonne, je m'en réjouis.»
Le bénédicité - prière au début d'un repas - en lat. benedicite veut dire litt. «dites du bien.»
bis
Emprunt au latin bis «deux fois». Le mot, dont Ciceron cite l'anc. forme dvis, appartient à la famille de duo «deux».
On peut rattacher à cette racine les mots: besson, bifide, bigame, biner, bigorne, binôme.
casus belli
Littéralement «un cas de guerre». Le Petit Robert définit le terme: «un acte de nature à motiver, pour un gouvernement, une déclaration de guerre».
Casus est un nom qui vient du v. lat. cadere «tomber». Un cas veut donc dire «le fait de tomber» ou «ce qui arrive», notamment avec une valeur défavorable. Le terme en droit signifie une «affaire», en médecine «l'évolution d'une maladie»; il désigne les personnes concernées soit par l'affaire soit par la maladie.
Belli est aussi un nom (un des premiers modèles qu'on apprend en latin) au génitif, soit le cas (!) du compl. du nom en latin. Le nom bellum en lat. désigne la guerre. On connaît les dérivés fr. belliqueux, belligérant, belliciste, rebelle.
Credo
foi, croyance.
Emprunt au latin credo «je crois», première pers. de l'ind. prés. de credere (croire), employé par les chrétiens comme premier mot du symbole des Apôtres.
Dans le sens de profession de foi, il s'est étendu au domaine laïque pour désigner les principes sur lesquels on fonde une opinion. On peut parler d'un credo philosophique, credo politique, credo économique.
Crédit est proche de credo, mais est parvenu au français via l'italien credito «dette, emprunt», «confiance», «influence, considération». On parle des crédits quand on veut désigner les sommes allouées par un budget pour un usage déterminé. Un crédit comme unité de valeur dans l'enseignement universitaire vient de l'anglais credit qui a le même sens.
Source RH.
de jure: Trad.: de droit.
de facto: Trad.: de fait.
Le lat. jus, juris, veut dire «droit, justice, équité». Un des sens de jus en lat. est celui de lien, comme jus sanguinis «lien du sang» ou conjugalia jura «liens conjugaux». Peut-on en conclure que le droit ou la justice lient les personnes entre elles ou les biens aux personnes?
Le v. lat. facere veut dire «faire«; factum est dérivé du son participe passé factus.
desiderata:
Désirs. Participe passé substantivé du verbe latin desiderare (composé de de à valeur privative et de sidus, astre, qui a donné sidéral, sidéré) qui signifie «cesser de contempler (l'étoile, l'astre)» et «constater l'absence de» avec une forte idée de regret. L'idée de regret a fait place au sens positif de souhaiter, chercher à obtenir. Ne dit-on pas en français: demander la lune, pour parler d'un souhait?
Et ne serait-ce pas le sens qu'il faut donner au texte des Actes des Apôtres (1, 1-11) au moment où les apôtres voient le Christ s'elever et disparaître et que deux hommes vêtus de blancs leur disent: «Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel?»
Au sens de désirs, desiderata est employé surtout dans le langage des affaires, mais on l'a également vu en tête d'un poême exprimant différents souhaits visant le bonheur.
deus ex machina
On trouve dans Le Petit Robert: «un dieu (descendu) au moyen d'une machine», utilisé au théâtre. Au théâtre et au fig. dans la vie courante, personnage ou événement peu vraisemblable apporte un dénouement inespéré à une situation sans issue ou tragique.
duodenum (digitorum)
Litt.: de douze doigts. Le nom de la première section de l'intestin grêle (long de douze travers de doigt) a été donné par un médecin, Hérophile, un des grands fondateurs (avec Érasistrate) de la médecine à Alexandrie. Il se distingua d'abord par son étude de l'anatomie fondée sur la dissection humaine. Il établit que le cerveau, non le coeur, était le centre du système nerveux. Il accepta probablement que les artères contenaient du sang et non de l'air, sans pourtant établir un rapport avec l'action de pompage du coeur. Il inventa une horlogue à eau (chlepsydre) portable pour mesurer le battement du pouls; il fit aussi un usage plus intensif des drogues, les appelant «les mains des dieux».
duplex
Appartement sur deux étages
Emprunt au latin duplex «double», «partagé en deux», au figuré «fourbe, rusé», synonyme de duplus, et formé de duo (deux) et plicare (plier). De la même famille, duplicité (trompeur) et triplex.
Ecce homo
«Voici l'homme».
Nom masculin invariable représentant deux mots latins qui signifient «voici l'homme», paroles prononcées par Ponce Pilate en présentant Jésus couronné d'épines au peuple juif (Jn 19,4-6)
L'expression est reprise en français pour désigner une représentation plastique de Jésus-Christ portant une couronnes d'épines. Source RH.
Ecce Cor Meum (Voici mon coeur), telle serait le devise qu'on pourra lire sur le blason de Paul McCartney, élevé au rang de Chevalier en 1997 pour sa contribution à la musique et à la société britannique.
Ex cathedra
Litt.: du haut de la chaire (d'un évêque, d'un pape). Cathedra, d'où est issu le fr. chaire, vient du gr. kathedra «siège, banc», et de hedra «siège». A donné le fr. cathédrale.
Un enseignement ex cathedra émane d'une autorité enseignante, particulièrement du pape pour désigner son caractère infaillible. L'expression vise aussi le sens de «d'un ton dogmatique, doctoral».
Ex nihilo
Ce latinisme vient de l'expression Ex nihilo nihilum (Satire III, vv. 83-83) de Perse qui est probablement une reproduction adaptée du vers de Lucrèce:
Nullam rem e nihilo gigni divinitus umquam (Livre I, v. 150)
Trad.: Rien ne sort du néant, fût-ce même sous une main divine.
Traduction (légèrement adaptée) de M. Nisard, Paris, 1857
http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Bib.html
Aulus Persius Flaccus (34-62 ap. J.C.), est un poète satirique latin, éduqué dans la tradition stoïcienne. Parmi ses poèmes qui sont des leçons de morale, la Satire III établit le diagnostic des dégâts causés par la paresse et le vice sur les âmes malades. Il cite le vers de Lucrèce pour montrer comment l'insouciant se moque de connaître le but et le terme de la vie ou le pourquoi des choses.
Revenons donc à Lucrèce, qui a écrit au Livre I de De la nature des choses (De rerum natura), aux vers 149-154:
Principium cuius hinc nobis exordia sumet,
nullam rem e nihilo gigni diuinitus umquam.
Quippe ita formido mortalis continet omnis,
quod multa in terris fieri caeloque tuentur,
quorum operum causas nulla ratione uidere
possunt ac fieri diuino numine rentur.
Voici donc le premier axiome qui nous servira de base:
Rien ne sort du néant, fût-ce même sous une main divine. Ce qui rend les hommes esclaves de la peur, c'est que, témoins de mille faits accomplis dans le ciel et sur la terre, mais incapables d'en apercevoir les causes, ils les imputent à une puissance divine.
Source (texte et traduction): http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/
Ex-voto
Les vacances nous amènent à visiter des lieux où l'on peut découvrir notre histoire par les ex-voto. Un ex-voto est un objet quelconque (tableau, plaque, figure) qu'on trouve souvent dans un lieu de culte. Il peut porter une inscription de reconnaissance ou déclarer l'accomplissement d'un voeu.
Ex-voto (suscepto) est composé du lat. ex «à la suite de, selon» et de voto, abl. du lat. votum «voeu». L'expression veut dire «selon le voeu fait». Parfois on le trouve en abrégé: e.v.s.
Factotum
Les deux mots lat. fac (impér. de facere, faire) et totum (accus. de totus, tout), sont traduits littéralement par «fais tout». Le mot factotum, d'usage littéraire, désigne un employé qui s'occupe de tout dans une maison et, par figure, une personne qui se mêle de tout.
Graffiti
Emprunt au plur. italien graffiti, dérivé de grafio, du latin graphium «stylet». avec influence de graffiare «griffer». Graphium a abouti en français à greffe.
Graffiti, en archéologie, désigne des inscriptions ou dessins griffonnés sur des murs. Graffiti a été repris à propos de surfaces décoratives élaborées, tracées à la bombe et différentes des tags.
habeas corpus
Trad. littérale: «Que tu aies le corps», abréviation de habeas corpus subjiciendum, «tu présenteras le corps» (c'est-à-dire la personne en chair et en os) devant la cour. L'expression désigne à l'origine un acte délivré par la juridiction compétente pour notifier que le prévenu doit comparaître devant le juge ou devant la cour, pour qu'il soit statué sur la validité de son arrestation. Ensuite, habeas corpus est le nom de la loi qui institue l'obligation de cette pratique en vue d'assurer la liberté individuelle ( 1679, sous Charles II: Habeas Corpus Act).
in mémoriam
Traduction: À la mémoire de quelqu'un. En latin, in memoriam revocare veut dire rappeler dans sa mémoire. Sur une tombe, l'épitaphe veut dire In memoriam veut dire «rappelle-toi...un tel ou une telle».
in pectore
«Dans la poitrine», en secret.
La variante latine in pecto a donné en italien «in petto», qui veut dire «dans le secret du coeur».
Cela me rappelle la dernière Cène, où Jésus prédisant que l'un des apôtres allait le trahir, Jean se penche «vers la poitrine» de Jésus et lui dit: Qui est-ce? Ce terme se comprend mieux quand on connaît la position romaine, allongée et côte-à-côte sur le triclinium, pour manger.
ipso facto
Par le fait même. Apparu dans un emploi comme adjectif dans l'expression excommunication ipso facto, celle locution est composée du latin ipso, ablatif neutre de ipse, même, et de facto, ablatif neutre de factum, fait. L'adverbe s'emploie souvent pour signifier, «automatiquement, par voie de conséquence».
Lacrima Christi
«Larme du Christ»
Lacrima ou lacryma signifie en latin larme, pleur, ordinairement employé au pluriel. Se dit aussi de la sève qui coule des plantes, sous forme de suc, de gomme ou de résine. En grec, on dit dakruma, qui a les mêmes sens. On voit bien la parenté.
En français, une larme d'alcool, signifie une goutte, une petite quantité.
lapsus
Signifie défaillance (de la mémoire), faute (en écrivant ou en parlant).
Emprunté au latin lapsus, action de trébucher, au fig. action de se tromper. Lapsus est le part. passé de labor, tomber, faire un faux pas.
Dans l'histoire de l'Église catholique, on a utilisé le mot lapsi pour désigner les chrétiens qui sont tombés ou ont failli pendant les persécutions. Quand il fut question de les réintégrer après les persécutions, l'Église se partagea en deux camps, d'une part les plus rigoureux qui refusaient la récondiliation, et d'autre part les partisans de la miséricorde dont l'évêque saint Cyprien, lui-même mort martyr en 258.
Mater
Nom que les enfants donnent parfois à leur mère, après l'avoir longtemps appelée «maman» (aussi du lat. mamma). On dit aussi le pater et la mater.
Mater dolorosa
Se dit la Vierge aux pieds de la croix ou soutenant son fils mort. Se dit aussi d'une femme mélancolique. Voir aussi Alma mater.
mea culpa
Faire son mea culpa équivaut à «battre sa coulpe» ou faire sa coulpe, dire sa coulpe. L'expression désigne l'aveu de sa faute, de son péché.
MÉMENTO, littéralement: souviens-toi. En latin, c'est l'impératif , 2è p.s. du verbe se souvenir. Le mot signifie mémoire, puis se spécialise en théologie catholique pour désigner la prière de la messe qui commence par memento où l'on se rappelle les défunts.
Le mot désigne également une image mortuaire rappelant le souvenir d'une personne décédée.
On a aussi retenu le sens de «note destinée à se rappeler quelque chose» et d'un ouvrage où sont résumées les notions élémentaires d'une science ou d'une technique.
mordicus
Littéralement: en mordant. Du v. lat. mordico «mordre», dérivé du lat. mordere. L'expression latine verba tenent mordicus se traduit par «ils tiennent à leurs termes», «ils n'en démordent pas».
Mutatis mutandis
Litt. «les choses ayant été changées (mutatis) qui devaient être changées (mutandis)».
On a deux formes du v. lat. mutare «changer»: le participe passé mutatis et le gérondif mutandis, l'adjectif verbal indiquant une obligation et un passif.
Olybrius
Nom de divers personnages de l'Empire romain, dont un empereur d'Occident, incapable, qui régna peu et fut porté au pouvoir en 472 par le militaire Ricimer, allié des Barbares. Selon une légende répandue par la littérature hagiographique du moyen-âge (1130-1140), c'était le nom d'un gouverneur d'Antioche, persécuteur de sainte Marguerite.
Au XVIè s., on employa l'expression faire l'Olybrius pour dire «faire le méchant, le bravache».
Aujourd'hui, le mot désigne un individu au comportement bizarre, importun et ridicule.
Omnibus est issu par ellipse (omission d'un terme dans une expression) de voiture omnibus, proprement «voiture pour tous»; omnibus est le datif de omnis, pron. indéf. signifiant «tout». À partir du début de XIXè s., omnibus désigne la voiture publique, d'abord hippomobile, puis automobile, qui servait au transport des voyageurs dans les divers quartiers de la ville. Puis, il est entré dans le vocabulaire de l'électricité, barre omnibus, et celui de la banque, chéquier omnibus. Par abréviation, le mot est devenu bus, d'où autobus. Ensuite sont apparus aérobus, airbus, trolleybus.
Omnium vient du même pronom omnis. Il est apparu en français, en passant par l'anglais comme terme de bourse, désignant la totalité des effets publics que le prêteur reçoit du gouvernement dans la formule d'emprunt public lancée en Angleterre en 1760.
Le terme est aussi employé en sport pour désigner une compétition sportive comportant plusieurs sortes d'épreuves.
papyrus
Manuscrit dont le support est une feuille préparée à partir de la plante pour écrire. L'origine du mot papyrus est incertaine; l'une des explications est que l'expression égyptienne pap-ouro, «celui du roi, royal», pourrait correspondre à un monopole royal sur cette matière première.
parabellum
En parlant de César, j'ai pensé naturellement à la guerre et je me rappelle que j'ai appris, il y a peu de temps, l'existence d'une arme de poing qui s'appelle parabellum. C'est un pistolet automatique de fort calibre, nommé d'après le proverbe lat. «si vis pacem, para bellum», si tu veux la paix prépares la guerre. C'est un pistolet de 9mm inventé en 1902 par Georg Luger.
Parabellum est aussi le nom d'un groupe musical rock engagé socialement par certaines chansons.
per capita
Trad.: Par tête.
Capita est l'accusatif pluriel de caput, tête, chef, cas demandé par la préposition per qui traduit l'idée de moyen, d'entremise. Un verbe est sous-entendu: par exemple, imposer une taxe par tête.
Le nom capitation, du latin capitatio, aussi dérivé de caput, a désigné à différentes époques un impôt ou une taxe. Il sert aujourd'hui à désigner une contribution demandée des membres d'une paroisse par le Conseil de Fabrique. Certaines subventions sont accordées par le Gouvernement aux écoles ou aux Commissions scolaires suivant le principe du per capita, c'est-à-dire par tête d'élèves.
placebo
Substance neutre que l'on substitue à un médicament pour contrôler ou susciter les effets psychologiques accompagnant la médication. (Petit Robert)
En latin, première personne du singulier du futur de l'indicatif de placere, je plairai. Le mot est attesté en médecine depuis 1785. On l'employait dans l'expression «parler a placebo», c'est-à-dire par flatterie. Ça voulait dire aussi un homme intrigant. En Normandie, les écoliers nommaient placebo l'élève rapporteur (qui veut plaire). En pharmacologie, une substance sans principe actif, mais ayant un effet rassurant sur le patient, est dite avoir un effet placebo.
Pro domo
Pour Pro domo sua, littéralement «pour sa maison», composé de pro- «pour» et de domus «maison». L'expression vient d'un discours de Cicéron, le De (ou Pro) domo sua, prononcé en 57 av. J.C. devant les pontifes pour obtenir la restitution de sa propriété confisquée par le tribun Clodius, lors de sa condamnation à l'exil.
Aujourd'hui, l'expression est réduite à Pro domo et a gardé le sens de «pour sa propre cause», comme dans «parler pour sa propre cause».
Source: RH
quidam
Pour désigner une personne qu'on ne peut ou ne veut pas désigner plus clairement.
En latin, quidam veut dire «un certain».
Quidam est issu de l'adjectif et pronom interrogatif quis et de la particule -dam qui correspond à -dem (idem).
quiproquo
Forme soudée de quid proquo ou de quid pro quo. Cette locution, selon le Dict. histor. Robert, vient de «quid pro quod» utilisé dans l'expression «(prendre) un quoi (quid) pour un ce que (quod)». Mais je vois une difficulté dans une partie de l'explication, parce qu'en latin la préposition pro demande l'ablatif et non l'accusatif.
Quoi qu'il en soit, en pharmacie l'expression sert à désigner la substitution volontaire ou non d'un médicament à un autre. Dans le langage courant, elle désigne une erreur consistant à prendre une chose pour une autre. Et au théâtre, elle s'applique à une méprise entre les rôles d'une situation dramatique.
ratio
Comme raison, est issu du lat. ratio, -onis, nom tiré du supin ratum du v. reri «compter» et «penser», par extension «être d'avis, croire». De là sont apparus les sens de: faculté de calculer, de réfléchir, le jugement, la méthode, la doctrine.
Ratio désigne le compte, puis la matière du compte, les affaires.
rébus
Devinette graphique, fait d'une suite de mots, dessins, chiffres.
Vient du latin rebus, ablatif pluriel de res «chose». Certains disent que le mot viendrait de l'expression « de rebus quae geruntur » « au sujet des choses qui se passent ». D'autres affirment que le mot réfère à une opposition entre rebus et litteris, en vertu de laquelle on peut représenter les objets et les personnes par des dessins (rebus) ou à l'opposé par des lettres (litteris). C'est là qu'on peut voir comment l'étymologie comporte un aspect historique et, dans certains cas, on reste en face de plusieurs hypothèses.
Recto
Abréviation de la locution latine folio recto «sur le feuillet qui est à l'endroit», opposé à folio verso «sur le feuillet qui est à l'envers». L'adj. rectus signifie «devant, en face»: d'où «le feuillet qu'on a en face de soi». On peut apprécier la richesse du mot quand on sait qu'il veut dire aussi «simple, franc», comme des yeux qui vous regardent sans détourner le regard.
sic
Adverbe signifiant «ainsi».
Ajouté à une citation, sic sert à souligner l'exactitude textuelle et, du même coup, l'étrangeté ou l'anomalie du contenu.
sinus
1. Cavité osseuse de la face.
2. Fonction en géométrie: sinus d'un angle.
Vient du lat. sinus, qui veut dire courbure, sinuosité. On usait du mot pour désigner la courbure d'une faux, les replis du serpent, le rivage de la mer, une baie, une tresse de cheveux, les cavités de la terre, le sein ou le ventre d'une mère, le gonflement des voiles, la partie du vêtement qui recouvre la poitrine, le repli que forme le vêtement, une poche ou une bourse, le coeur de la ville, le coeur d'une personne contre lequel on s'appuie.
Le terme sinus en géométrie a été choisi d'après le sens de «pli de la robe ou de la toge». Il a d'abord signifié «ligne droite tirée d'une extrémité d'un arc perpendiculairement sur le rayon qui passe par l'autre extrémité»; il signifie, dans l'expression sinus d'un angle, «la mesure de la projection sur un axe directement perpendiculaire à l'un de ses côtés d'un vecteur unitaire porté par son autre côté». Vous n'êtes pas mathématicien et vous ne comprenez pas tout dans cette définition? Moi, non plus. Mais nous saisissons tout de même le rapport avec l'idée de courbure.
Le mot sein, appliqué à la poitrine de la femme, viendrait du lat. sinus à cause du pli demi-circulaire formé par la robe dans lequel la femme portait son enfant. On l'a préféré (à partir du XVIè s.) aux termes mamelles ou tétons devenus soit archaïques, soit péjoratifs.
Bien qu'il n'y ait pas de rapport étymologique, à ma connaissance, il est intéressant de savoir le nom ancien de la Rivière l'Assomption (dans la région Lanaudière au Québec). Les Indiens l'appelait la Outaragasipi, c'est-à-dire la Tortueuse. Qui a descendu la rivière en canot sur l'un ou l'autre de ses segments en nombreux méandres peut apprécier le nom qu'on lui avait donné.
statu quo: abr. de in statu quo ante
«dans l'état où (les choses étaient) auparavant». Employé surtout dans un contexte d'hostilités pour désigner l'état de fait et de droit tel qu'il existait avant les hostilités.
sub judice
Litt. devant le juge. La prép. sub, suivie de l'ablatif judice (judex, -icis, juge), veut dire «sous, au bas de...», au fig. «devant, en présence de».
Il est sous-entendu «la question est devant le juge» ou «sur cette question, l'accord n'est pas complet». L'expresion vient d'un vers d'Horace:
Adhuc sub judice lis est. Lis, litis, en lat. veut dire la cause, la question, et a donné en français «litige, litigieux»
Tandem
bicyclette à deux sièges, puis, association de deux personnes ou de deux éléments.
Vient de l'anglais tandem, lui-même repris à l'adverbe lat. tandem «enfin, en fin de compte», employé dans les interrogations pressantes pour les renforcer avec le sens de «exactement, donc».
Certains, parmi les plus vieux, se rappellent sûrement les mots du début de la 1ère Catilinaire, par laquelle Cicéron exprime au sénat son indignation devant la bravade de Catilina:
Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra?
Jusqu'à quand enfin, Catilina, vas-tu abuser de notre patience?
L'anglais tandem a été pris dans l'argot étudiant comme équivalent de «à la longue», puis a été appliqué à un long attelage, par exemple un cabriolet attelé à deux chevaux en ligne. Ensuite le mot anglais s'est employé pour une bicyclette à deux sièges et est passé dans le français.
tollé
Issu du verbe latin tollere, qui se rattache à la racine indoeuropéenne otel-, otol-, otla- «supporter, soulever». Tolle, du v. lat. tollere (in crucem), est l'expression utilisée par l'évangéliste Jean et mise dans la bouche des Juifs qui répondent à Pilate de crucifier Jésus.
Le mot est utilisé pour désigner une clameur de protestation ou un mouvement collectif d'indignation, souvent dans l'expression un tollé général.
urbi et orbi
Trad.: À la ville et à l'univers.
Dans l'expression «urbi (ville) et orbi (cercle, globe)» est sous-entendu «terrarum», littéralement, «à la ville et au globe des terres».
C'est le nom qu'on donne à la bénédiction papale qui s'adresse à toutes les nations. Je précise que la ville, c'est la ville de Rome. Dans l'histoire, Rome est la ville par excellence, l'Urbs.
Ultra vires
La préposition lat. ultra veut dire «au-delà (de)» et vires vient de vis, viris, f, au plur. vires, qui veut dire «force, pouvoir». On emploie cette expression pour qualifier l'intervention d'une personne ou d'une instance qui dépasse les pouvoirs qui lui ont été dévolus.
vade-mecum
Nom qui vient du v. lat. vadere «marcher, aller», lui-même rattaché au grec badizein, de la préposition lat. cum «avec» et me, le pronom pers. à la 1ère personne.
Ce nom désigne ce qu'on porte ordinairement sur soi, puis spécialement un livre que l'on aime et que l'on emporte avec soi. De là, il désigne un livre qui contient les notions principales d'une science, d'un art.
verbatim
Trad.: «selon les termes exacts, mot à mot».
Nom et adv. emprunté à l'anglais, lui-même empr. au latin médiéval verbatim, dérivé de verbum «parole». La particule -tim en latin caractérise certains adverbes. Ex.: Reproduire un discours verbatim.
verso
Trad.: À l'envers.
Abréviation de l'expression folio verso, ablatif de folium versum, «sur le feuillet tourné». Versus est le part. passé du v. vertere «verser, tourner, remuer (la terre)». Opposé à folio recto.
veto
Trad. littérale: «j'interdis, je défends». Première pers. du sing. du verbe latin vetare, interdire, défendre, empêcher, retarder, s'opposer.
En histoire romaine, se dit du droit des tribuns romains de s'opposer à des décrets du Sénat, des consuls. Dans l'Europe moderne, en Pologne, désignait la formule par laquelle les nonces pouvaient arrêter des délibérations de la Diète. A la Révolution française, le droit qu'a une autorité (le Roi) de s'opposer à l'entrée en vigueur d'une loi régulièrement votée.
via
Trad.: en passant par...
Vient du latin via, viae, désignant «chemin, route». En latin via est un ablatif, c'est-à-dire le cas du complément de phrase. En français, le mot signifie «en passant par».
vidéo
Emprunté de l'anglais, qui l'a emprunté au latin video «je vois», 1ère p. du s. de l'indicatif prés. du verbe videre. Abréviation de vidéofréquence, pour désigner l'ensemble des fréquences vidéo et le signal qu'elles contiennent. Vidéo, n.f.., est aussi employé comme abréviation pour vidéophonie, l'ensemble des techniques qui permettent d'enregistrer des images et des sons sur un support magnétique et de les visualiser sur un écran. En France, vidéo est féminin,; en français du Québec, on trouve le masculin vidéo.