Les Fermes Coutu

Élevage de chevaux Canadien

LE CHEVAL CANADIEN

Historique

Ses ancêtres, choisis parmi les meilleurs chevaux de France, arrivèrent au pays entre 1647 et 1670 et plus tard. On croit généralement qu' ils étaient des descendants de chevaux arabes, croisés avec les chevaux indigènes de Normandie et de Bretagne. Le premier cheval qui ait galopé sur la terre Canadienne, écrit Ernest Gagnon, fut débarqué à Québec le 25 juin 1647. La Compagnie des Habitants l'avait fait venir pour en faire cadeau au gouverneur, le Chevalier de Montmagny, car les habitants de ce temps-là considéraient avec raison qu' un chevalier sans cheval était un non-sens.

Le 16 juillet 1665, débarquait a Québec la première importation en nombre de chevaux envoyés par le roi de France. Ces chevaux, douze en tout, furent distribués, dès leur arrivée, aux gentilshommes et aux habitants de la colonie qui avaient le plus favorisé le défrichement et la culture des terres. En 1670, un autre contingent de chevaux fut dirigé vers la Nouvelle-France et la distribution en fut encore selon le mérite et les besoins.

Ces chevaux furent utilisés pour le défrichement, la culture, le transport et la selle. Ils se propagèrent dans toute la Nouvelle-France sans infusion de sang étranger.

Grâce à une sélection naturelle, seuls les chevaux les plus robustes purent résister aux rigueurs de nos hivers d'autrefois et aux nombreuses privations inhérentes au début de la colonie. La misère et les épreuves qu'ils eurent à supporter amenèrent une réduction de leur taille, mais leur permirent par contre d'acquérir une résistance à toute épreuve. C'est pourquoi le cheval Canadien demeure encore le cheval le plus rustique, le plus robuste, et le mieux acclimaté au Canada.

Les nombreuses importations de chevaux étrangers à partir de 1816 et l'exportation d'une multitude de bons sujets aux Etats-Unis furent très préjudiciables à l'expansion de la race au Canada et, vers la fin du dix-neuvième siècle elle était en voie de s'éteindre.

En 1885, un certain nombre d'admirateurs qui avaient à coeur de conserver "le petit cheval de fer" du Canada entreprirent un grand mouvement de reconstitution en faveur de cette race naturelle. L'ouverture des livres généalogiques eut lieu le 16 décembre 1886 et l'on y inscrivit les sujets répondant le mieux au type primitif. L'enregistrement sélectif des sujets souches se fit à diverses dates à partir de cette époque jusqu'en 1912.

Jusqu'en 1895, date de la fondation de la Société des Éleveurs de Chevaux Canadiens, les progrès furent plutôt lents et ce n'est qu'à partir de cette année, que le mouvement prit de l'expansion. En 1913, le Ministère Fédéral de l'Agriculture ouvrit un centre d'élevage de chevaux Canadiens sur la Ferme Expérimentale de Cap Rouge, dans le but de découvrir les meilleures lignées. En 1919, un haras fut établi à St-Joachin près de Québec, afin de continuer, sur une plus haute échelle, le travail entrepris à Cap Rouge. Ce haras fut maintenu jusqu'en 1940, alors que le Gouvernement Fédéral, engagé dans la guerre, fit vendre pour l'élevage les nombreux sujets d'élite qui y étaient gardés. Le haras fut reconstitué à la Ferme-École Provinciale de la Gorgendière, comté de Portneuf, sous la direction du Ministère de l'Agriculture de Québec. Un certain nombre fut réservé pour la ferme Expérimentale de Ste-Anne-de-la-Pocatière et les autres furent achetés par des cultivateurs désireux de perpétuer cette race.

La fondation des Syndicats d'élevage de chevaux Canadiens, dont le premier remonte à 1932, a fait surgir des groupes d'éleveurs actifs, anxieux de redonner à cette race son ancienne popularité par le moyen de la sélection des reproducteurs et l'adoption de meilleures méthodes d'entretien. Les chiffres officiels démontrent que ces syndicats ont puissamment contribué à accroître la proportion d'étalons classés "A".

L'historien Taillon dépeint comme suit l'ancien cheval Canadien: "Petit, mais robuste, aux jarrets d'acier, avec une crinière abondante et flottant aux vents, aux yeux vifs et saillants, dressant toujours les oreilles sensibles aux moindres bruits, filant jour et nuit avec le même courage, en frémissant sous le harnais, et avec une fougue naturelle, bon, doux, affectueux traçant son chemin avec le plus fin instinct, pour revenir sûrement à son logis. Tels étaient les chevaux de nos pères."

Durant la première partie du dix-neuvième siècle, un nombre considérable de chevaux Canadiens furent expédiés aux Etats-Unis où ils contribuèrent à améliorer certaines lignées de Standardbred et le cheval Morgan en particulier.

Caractéristiques

Le cheval Canadien a des formes symétriques et beaucoup d'élégance dans le port et la démarche. Sa conformation révèle sa facilité d'entretien et sa grande valeur économique. Son allure dénote beaucoup d'énergie et d'ardeur. Il est résistant, courageux, ne se désiste jamais au travail. Très rustique, il peut être utilisé pendant de longues périodes sans montrer des signes de fatigue.

Il a la tête plutôt courte et rectiligne; l'oeil grand, vif, mobile, doux et franc; la joue bien développée; le profil rectiligne. Il possède une encolure légèrement arquée, de longueur moyenne, un garrot large à sa base et mince au sommet, un épaule oblique et bien musclé, un dos et un rein courts et larges, une croupe arrondie et très légèrement oblique. Le poitrail est large et spacieux, la côte longue et bien dirigée. Il possède de bons aplombs, une ossature de bonne qualité, des muscles épais, les canons sont plats avec des tendons bien détachés, les pâturons longs et les sabots impeccables.

La taille du cheval Canadien est environ 15,2 mains. L'étalon pèse de 1,100 à 1,400 livres et la jument 1,000 à 1,300 livres. L'alezan et le noir sont les couleurs les plus recherchées. Les robes composées de deux ou plusieurs couleurs séparées ou mélangées sont refusées.

Aptitudes

Le cheval Canadien d'aujourd'hui est celui qui se rapproche le plus du Type Idéal à toutes fins, tant demandé aujourd'hui sur nos fermes d'amateurs. Il peut aussi bien être affecté aux travaux de la ferme qu'être utilisé comme cheval de promenade et de chasse à coure. De plus en plus, il est recherché par les adeptes du sport de l'équitation à cause de son courage, de son physique résistant et de sa docilité.

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